Le Paris Saint Germain a gagné à Brest avec une conclusion qui vaut 0,023 buts attendus, soit deux fois sur cent. C'était aussi le seul but d'un match où Brest a touché un poteau, a construit trois occasions meilleures que celle-là et a terminé avec 1,24 buts attendus contre 1,33. Quatre journées, et Brest a 5 points pour presque 9 attendus : personne en Ligue 1 ne perd plus de chemin que lui.

Le but qui a décidé le match est arrivé après quelques minutes, sur un dégagement court, avec un droit depuis une position excentrée que le modèle évalue à 0,023 buts attendus. Deux fois sur cent.

À partir de ce moment, Brest a joué quatre-vingt-cinq minutes contre le Paris Saint Germain, a touché un poteau, a construit trois conclusions plus dangereuses que celle qui avait décidé la soirée, et a perdu 1-0. C'est le quatrième match d'affilée où quelque chose du genre lui arrive.

Le verdict, avant les chiffres

Les buts attendus disent 1,24 pour Brest et 1,33 pour le Paris. Les points attendus 1,32 contre 1,40. Avec ces chiffres, le résultat le plus probable était le match nul, et aucune des deux équipes n'aurait pu se plaindre.

Les entrées dans la surface, pourtant, racontent un match plus déséquilibré que ça : 4 contre 10 pour les visiteurs. Brest a construit son danger avec peu de conclusions lourdes, le Paris avec une possession continue et beaucoup de ballons portés dans la surface sans presque jamais bien conclure.

Comparaison statistique entre Brest et Paris Saint Germain : buts attendus 1,24 contre 1,33, entrées dans la surface 4 contre 10

Le chiffre : 0,023

Deux centièmes de but attendu. C'est la valeur du but qui a décidé le match, et c'est l'une des valeurs les plus basses que nous avons enregistrées pour un but cette saison dans les cinq championnats.

Dans le même match, des conclusions bien plus dangereuses sont restées dehors. Un gauche depuis l'intérieur de la surface dans les dix premières minutes, 0,290. Un droit de Brest qui a touché le poteau en début de seconde période, 0,290 aussi. Une tête à 0,280 peu après. Un droit à 0,264 dans les dernières minutes, qui aurait été l'égalisation.

Additionnées, les quatre occasions qui ne sont pas entrées valent 1,12 but attendu. Celle qui est entrée en vaut 0,02. C'est le genre de soirée qui arrive à tout le monde une ou deux fois par saison : le problème de Brest, c'est que ça lui arrive chaque semaine.

Comment les deux équipes ont joué

Le chiffre le plus surprenant, c'est qu'aucune des deux n'est allée presser. PPDA 14,1 d'un côté, 14,1 de l'autre : identiques, et tous les deux élevés. Cela veut dire qu'elles se sont observées, que Brest a accepté de rester bas et que le Paris, après l'avantage si rapide, a choisi de gérer le ballon au lieu d'aller le chercher.

Le plan du Paris se voit dans les dix entrées dans la surface : le ballon entrait, et souvent. Ce qui n'arrivait pas, c'était la conclusion propre. Les meilleures occasions des visiteurs naissent toutes de finitions en vitesse sur les côtés, et la plus dangereuse, une tête en seconde période, vaut 0,297. Une équipe qui amène dix ballons dans la surface et produit 1,33 but attendu est une équipe qui entre dans la surface mais pas dans la bonne zone de la surface.

Brest a fait l'inverse : quatre entrées dans la surface seulement, mais trois de ces quatre sont devenues de vraies occasions. Dans un match où il a eu peu le ballon, il a construit assez pour l'égaliser deux fois.

Quatre journées, et un écart qui se creuse

Brest a 5 points. Les points attendus sur les quatre matchs sont 8,98, donc l'écart est de presque 4 points en négatif : le deuxième pire de la Ligue 1 après celui du Toulouse.

Sur les buts, c'est encore plus net. Il a produit 10,53 buts attendus en quatre journées, la valeur la plus haute du championnat, et il en a marqué 6. Il en a concédé 5,02 et il en a encaissé 6.

Brest après quatre journées : 10,53 buts attendus produits contre 6 buts marqués, 8,98 points attendus contre 5 points réels

De l'autre côté, le Paris a 5 points pour 7,00 attendus, donc lui aussi est en perte, mais pour une raison différente : il a 47 entrées dans la surface contre 14 concédées, la domination territoriale la plus nette du championnat, et il a marqué 4 buts en quatre matchs. Il termine mal ses actions. Contre Brest, il a réglé la soirée avec le pire tir de son match.

Le point honnête

Premièrement, les données. La somme des conclusions que nous avons correspond aux totaux du match pour les deux équipes, donc ici les chiffres sont solides. Les minutes, nous les gardons larges exprès : notre source sur les tirs ne sépare pas bien le temps additionnel de la première période, et sur une action isolée nous préférons dire "en début de seconde période" plutôt que de nous tromper d'une minute.

Deuxièmement, la lecture opposée. Celui qui regarde le classement dit que le Paris a gagné le quatrième match où il a concédé peu et que Brest, simplement, ne marque pas : six buts pour dix et demi d'occasions, ce n'est pas seulement de la malchance, c'est aussi une question de qui est devant. C'est une objection sérieuse, et le moyen de la vérifier, c'est le temps : si dans un mois Brest est encore à la moitié de ce qu'il produit, alors le problème a un nom et il s'appelle la finition.

Troisièmement, notre avis. Un but à deux centièmes ne dit rien sur qui a mieux joué, et rien non plus sur qui gagnera le championnat. Il dit cependant une chose sur Brest : il construit plus que tout le monde en France et il a 5 points. Si la façon de créer reste celle-là, les points arriveront. Si en revanche la façon de finir les actions reste aussi celle-là, il n'arrivera que le classement.

T.L.


Tu veux voir combien chaque équipe mérite vraiment son classement ? Le Meritometro compare points réels et points attendus. Pour ceux qui veulent les modèles et pas les titres, il y a la Nerd Zone.