Foto: Валерий Дед · CC BY 3.0 · Wikimedia CommonsLe PSG produit le plus de la Ligue 1, Monaco le moins, et ils ont le même nombre de points
Il y a deux manières d'arriver à 14 points en Ligue 1 cet automne, et elles n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
La première consiste à amener 88 ballons dans la surface adverse, à construire 18,0 buts attendus, le total le plus élevé du championnat, et à en marquer 14. C'est le Paris Saint-Germain.
La seconde consiste à en amener 36, à construire 7,4 buts attendus, le total le plus bas du haut de tableau, et à en marquer 10. C'est Monaco.
Les deux sont à 14 points. Lille aussi, avec une troisième méthode encore.
Le champion a des comptes exacts
Rejouez les sept journées parisiennes en ne comptant que les occasions créées et concédées. Le PSG termine à 14,0 points attendus. Il en a 14.
Zéro écart. Dans les cinq grands championnats, aucune équipe de tête n'a des livres aussi propres. Rien n'a été volé, rien n'a été offert.
Cela a deux conséquences, et la seconde est moins agréable que la première. D'abord, ce classement n'est pas un mirage : Paris vaut vraiment ce qu'il affiche. Ensuite, il n'y a aucun crédit à encaisser. Les équipes qui produisent plus qu'elles ne récoltent finissent en général par remonter toutes seules. Le PSG, lui, devra gagner les points suivants sur le terrain.
Un détail mérite d'être relevé : 14 buts marqués pour 18,0 attendus. C'est le seul endroit où il reste de la marge, et elle vaut environ quatre buts.
Monaco, deuxième mois de la même histoire

Monaco compte 14 points pour 8,0 attendus. L'écart de 6 points est le deuxième plus large d'Europe.
Nous écrivions déjà la même chose début septembre, quand l'écart était de 5. Sept semaines plus tard il a grandi. L'équipe encaisse 5 buts pour 8,0 concédés, amène peu de ballons dans la surface adverse et en concède 45 dans la sienne.
Il faut dire ici ce que le modèle ne sait pas faire. Concéder 8,0 et n'en prendre que 5 pendant deux mois, ce n'est pas uniquement de la chance : c'est aussi un gardien et une ligne défensive qui arrivent sur les ballons qui comptent. Les buts attendus mesurent d'où l'on tire, pas qui se trouve devant la cage. Reste que personne ne tient ce rythme sur trente-quatre journées, et que le jour où il casse, Monaco se retrouve avec l'attaque qu'il a.
Lille, à 14 points pour 10,2 attendus, est dans une situation voisine, avec 5 buts encaissés pour 10,5 concédés. Rennes aussi, 13 pour 9,8.
Le haut du tableau français, en somme, est occupé par trois équipes en avance sur leurs comptes et une seule qui est à l'équilibre.
Brest et Toulouse, le même chiffre exact
Au milieu, deux clubs partagent le trou le plus profond du championnat, et au dixième près.
Brest a 9 points pour 13,0 attendus. Toulouse a 9 points pour 13,0 attendus. Les deux ont joué sept matchs, les deux ont produit nettement plus que ce qu'affiche le classement, et les deux sont dans la seconde moitié du tableau.
Toulouse est un cas de longue durée : nous l'avions signalé début septembre à moins 4,2, c'est aujourd'hui moins 4,0. Six semaines de football, et l'écart n'a pas bougé d'un demi-point. Ce n'est plus un accident de parcours, c'est devenu une caractéristique de la saison, et à un moment il faudra se demander si ce n'est pas nous qui regardons la mauvaise chose.
Le Havre ferme la marche avec 2 points pour 5,3 attendus.
Ce qu'il faut suivre
La question de l'automne français n'est pas de savoir si Paris est fort. Elle est de savoir lequel des trois autres leaders tiendra quand la chance reviendra à la moyenne.
Monaco, Lille et Rennes détiennent ensemble environ 13 points de plus que leur jeu. Brest et Toulouse en ont laissé 8 sur la pelouse. Sur une saison entière, ces deux courbes se croisent presque toujours.
Presque. S'il y a un hiver où elles ne se croisent pas, nous l'écrirons aussi.
T.L.