Lyon-Auxerre 3-1 : zéro. Auxerre n'a pas réussi une seule passe dans les vingt derniers mètres
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Analyse

Lyon-Auxerre 3-1 : zéro. Auxerre n'a pas réussi une seule passe dans les vingt derniers mètres

Lyon a gagné 3-1 en marquant trois buts sur des frappes valant, additionnées, 0,24 but attendu. Dans le même match, il a manqué la plus grosse occasion vue en Europe cette saison : 0,95, poteau. Et Auxerre a terminé les quatre-vingt-dix minutes avec zéro entrée dans la surface : la troisième fois de toute la saison que cela arrive à quelqu'un.

Le verdict, avant les chiffres

Au Groupama Stadium, Lyon a battu Auxerre 3-1 et a renoué avec la victoire après le nul contre Le Havre. Troisième de Ligue 1, sept points.

Le score suggère un après-midi tranquille. Les chiffres décrivent un match bien plus étrange, et l'étrangeté est des deux côtés.

Lyon-Auxerre 3-1 : la comparaison statistique complète avec buts attendus, grosses occasions, tirs, tirs cadrés, entrées dans la surface et pressing

Le chiffre qui saute aux yeux : zéro

Regardez la ligne des entrées dans la surface. 14 à 0.

Il vaut la peine d'expliquer précisément ce que cela signifie, car c'est plus précis et plus brutal qu'il n'y paraît. L'entrée dans la surface, dans cette statistique, c'est une passe réussie à moins de vingt mètres du but qui n'est pas un centre. Ce n'est ni un tir ni une touche de balle : c'est le ballon qui arrive à destination dans la zone qui fait mal.

Auxerre, en quatre-vingt-dix minutes, n'en a réussi aucune.

Cela ne veut pas dire qu'il n'a pas tiré : huit frappes, et même un but. Cela veut dire qu'il y est toujours arrivé de loin, sur un ballon perdu ou sur une contre-attaque isolée, jamais en construisant. Sur l'ensemble de la saison européenne, c'est la troisième fois qu'une équipe termine un match à zéro : avant cela, le Rayo Vallecano à Séville et Aston Villa à Brighton.

Le pressing raconte la même chose : Lyon 5,5 de PPDA, Auxerre 29,0. Lyon est allé chercher son adversaire après cinq passes et demie ; Auxerre en a attendu vingt-neuf. Deux matchs différents joués en même temps.

Et pourtant Lyon a marqué trois buts à partir de rien

Voici la partie qui renverse la lecture.

Les trois buts de Lyon valent, additionnés, 0,24 but attendu. Vingt-quatre centièmes pour trois réalisations.

Bacher, de la tête sur corner : 0,07. Athekame, trois minutes plus tard : 0,06. Nuamah, en début de seconde période : 0,11.

Trois buts, dont aucun n'était une occasion pour le modèle. Deux ont été marqués par des défenseurs tout juste arrivés, le troisième par un attaquant de retour. C'est le genre de soirée qu'ailleurs on appelle de la chance et qui ici, avec le reste des chiffres sous les yeux, porte un nom plus précis : Lyon a gagné le match qu'il dominait, mais il ne l'a pas gagné avec les occasions qu'il avait construites.

Parce que les vraies, il les a gâchées

Le compte des occasions gâchées est presque comique.

Openda a frappé neuf fois et n'a pas marqué. Neuf. Ses tirs valent ensemble 1,49 but attendu : à lui seul, en un match, il a produit plus que tout Auxerre réuni, arrêté à 0,91. Parmi eux, une occasion à 0,55 au quart d'heure, manquée.

Et puis il y a la 88e. Kail Boudache frappe depuis une position valant 0,95 but attendu. Quatre-vingt-quinze sur cent. Poteau.

C'est la plus grosse occasion manquée de toute l'Europe cette saison, penalties exclus : en trente jours de football, personne n'a gâché un ballon aussi lourd.

Somme finale : Lyon a produit 2,88 buts attendus et en a marqué trois, mais les trois marqués ne sont pas ceux qu'il avait construits. Si la soirée s'était déroulée selon le modèle, cela aurait fini 3-1 quand même, avec des buteurs totalement différents.

Auxerre, en revanche, a un problème structurel

Trois journées, zéro point, onze buts encaissés. Et ici les chiffres n'offrent aucune consolation.

En trois matchs, Auxerre a concédé des occasions valant 9,78 buts et trente-trois entrées dans sa surface. Il a produit 4,38 buts attendus. Son total de points attendus est de 1,62 sur neuf : autrement dit, même avec une chance moyenne, il aurait à peine plus d'un point.

La seule bonne chose de la soirée a un nom : Cameron Archer, auteur de l'unique but sur l'une des deux seules vraies occasions auxerroises (0,33), et qui en a manqué une autre de la tête à la 71e depuis 0,38. Deux ballons sur huit tirs. Le reste n'était que du bruit.

Le point honnête

Le 3-1 ne décrit pas Lyon, mais il ne le contredit pas non plus. Quatorze entrées dans la surface contre zéro et 2,88 buts attendus contre 0,91 sont des chiffres de victoire large. Que les buts soient venus des mauvais endroits est un détail de la soirée, pas un défaut de l'équipe.

Openda, en revanche, mérite qu'on le surveille. Neuf tirs et 1,49 but attendu personnel sans marquer, en un seul match, cela ne se répète pas souvent. Si la finition reste ainsi encore un mois, ce n'est plus de la malchance, c'est une question.

Et Auxerre n'a pas l'excuse du classement menteur. Zéro point pour 1,62 attendu signifie qu'il perd parce qu'il joue mal, pas parce que le ballon rebondit de travers. C'est la différence entre une équipe à sauver et une équipe à refaire, et il vaut mieux le savoir en septembre.


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