18 tirs, 5 occasions franches, zéro but : le match le plus injuste d'Europe
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Analyse

18 tirs, 5 occasions franches, zéro but : le match le plus injuste d'Europe

Sur quarante-cinq matches joués dans quatre championnats, aucune équipe n'a autant gaspillé que Venezia : 3.19 buts attendus et pas un seul marqué, plus deux buts refusés. Lecce en a créé moins et en a marqué deux. La rencontre qui, chiffres en main, aurait dû tourner à l'envers.

Le verdict, avant les chiffres

Au Penzo, cela s'est terminé 0-2 pour Lecce. En ne regardant que la feuille de match, une victoire nette à l'extérieur pour la première journée.

En regardant les occasions, c'est le match le plus injuste de la journée. Et de loin.

Les deux chiffres qui renversent tout

Venezia : 18 tirs, 3.19 buts attendus, zéro but. Lecce : 12 tirs, 2.45 buts attendus, deux buts.

Venezia a construit des occasions valant plus de trois buts et n'en a marqué aucun.

Ce n'est pas une mauvaise soirée comme une autre. Nous avons passé au crible les quarante-cinq matches joués lors du premier week-end de Serie A, Premier League, Liga et Ligue 1 : -3,19, c'est le plus gros écart négatif d'Europe. Aucune équipe, dans aucun championnat, ne s'est approchée d'un tel fossé entre ce qu'elle a créé et ce qu'elle a récolté. Le deuxième plus mauvais, Toulouse, battu 0-2 par Lyon après avoir produit 2.16 buts attendus, se situe un but entier plus loin derrière.

Et on ne parle pas de frappes de loin envoyées au hasard. Venezia a produit cinq occasions franches, des tirs avec au moins 30 % de probabilité de finir au fond. Cinq. Lecce en a eu trois.

Cinq occasions valant au moins un tiers de but chacune, traduites en zéro.

Et puis il y a ce que la feuille de match n'enregistre pas

Deux fois Venezia a exulté, et deux fois on le lui a repris.

À la 15e minute de la première période, Correia met les Lagunaires devant, mais le but est annulé pour une main. En seconde période, à la 75e, Basic trouve l'égalisation et le drapeau se lève : hors-jeu.

Les Expected Goals comptent les tirs, pas les décisions arbitrales : ces deux frappes entrent malgré tout dans le décompte des occasions créées. Mais le constat demeure, et il est presque cruel, Venezia n'a pas seulement raté, il a aussi marqué deux fois sans que cela compte.

Comment Lecce a gagné

Avec deux tirs qui racontent bien la différence entre créer et concrétiser.

Le premier but arrive de l'extérieur de la surface : Gorter reçoit de Coulibaly et transperce Stankovic. Une frappe de loin vaut, en moyenne, très peu en termes de probabilité : celle-là est entrée.

Le second, à la 80e, est une déviation à bout portant de Tiago Gabriel sur un centre de Veiga. Un seul tir dans tout le match, d'une valeur de 0.81 xG, la frappe la plus dangereuse vue au Penzo. Une touche, un but.

Deux tirs, deux buts. En face, dix-huit tirs et pas un seul.

Le pressing qui n'a rien rapporté

Il y a un dernier chiffre qui rend la soirée encore plus cruelle, c'est le PPDA, combien de passes vous concédez à l'adversaire avant d'aller le gêner. Plus il est bas, plus vous pressez.

Venezia 5,5. Lecce 18,8.

Ce sont deux matches différents. Venezia a pressé de façon asphyxiante, en allant agresser après cinq passes et demie. Lecce a laissé jouer, s'est fermé, a attendu, presque dix-neuf passes avant de sortir.

Venezia a fait tout ce qu'un entraîneur demande : il a pressé haut, il a beaucoup tiré, il a construit des occasions propres. Il a perdu 0-2.

Le point honnête

Attention à ce que cela signifie et à ce que cela ne signifie pas.

Cela ne veut pas dire que Lecce a volé : il a créé 2.45 buts attendus, ce qui n'est pas rien, et il a fini de manière excellente. Sur une saison, savoir transformer deux occasions sur trois est un talent, pas un hasard.

Cela ne veut pas dire non plus que Venezia jouera bien toute l'année : un match reste un match.

Cela signifie une seule chose, mais solide : le 0-2 ne décrit pas ce qui s'est passé sur le terrain. Si Venezia continue à produire 3 buts attendus par match, les buts viendront, non par justice poétique, mais parce que c'est ainsi que fonctionnent les chiffres sur la durée. Et le jour où ils viendront, quelqu'un parlera de « déclic ». Tout était déjà écrit dès la première journée.


Revoyez le match avec les chiffres. Dans le Meritometro, vous trouverez le verdict de chaque rencontre de la journée, tir par tir, et dans la Nerd Zone, vous pouvez comparer Venezia et Lecce sur chaque statistique. Selon vous, Venezia se rattrape ou n'était-ce qu'un feu de paille ?