Foto: Ideophagous · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia CommonsStuttgart-Cologne 4-1 : quatre buts à partir d'un demi-but attendu, et Cologne n'en a pas marqué un seul de son fait
Le verdict, avant les chiffres
À la MHPArena, Stuttgart a battu Cologne 4-1 et empoché ses trois premiers points de la saison, sept jours après en avoir encaissé cinq à Munich.
Le 4-1 suggère un match à sens unique. Le terrain a dit autre chose, et les chiffres sont du côté du terrain.

Le match le plus ouvert du week-end
Trente-neuf tirs au total : vingt-deux pour Stuttgart, dix-sept pour Cologne. 6,38 buts attendus cumulés, le plus haut total de tous les matchs joués en Europe entre jeudi et samedi.
Pour situer : lors de la même journée, Ipswich-Liverpool en a produit 1,34 à deux. Ici, presque cinq fois plus.
Stuttgart a terminé à 3,52 buts attendus, Cologne à 2,86. Il y a une différence, mais c'est celle d'un match en équilibre, pas celle d'un 4-1.
Quatre buts à partir de cinquante et un centièmes
C'est le chiffre qui fait l'article.
Les quatre frappes de Stuttgart qui ont fini au fond valaient, toutes ensemble, 0,51 but attendu. Un demi-but. D'un demi-but attendu sont sortis quatre buts.
Les voici dans l'ordre :
El Khannouss, juste avant la pause : 0,10 but attendu. Prömel, à l'heure de jeu : 0,12. Demirović, à la 75e : 0,25. La seule des quatre que le modèle considérait comme une demi-occasion réelle. Vagnoman, en toute fin : 0,03. Trois centièmes. Le plus beau but de la soirée et le moins probable de tous.
Depuis le début de la saison, dans les cinq grands championnats, aucune équipe ayant marqué quatre buts dans un match n'est partie d'aussi peu. C'est la finition la plus froide que nous ayons mesurée cette année, devant l'Inter contre Monza (quatre buts à partir de 0,58) et Côme au Ferraris (quatre buts à partir de 0,72, vingt-quatre heures plus tôt).
Et il y a autre chose que la feuille de match ne montre pas : Stuttgart a tenté vingt-deux frappes mais n'est entré que huit fois dans la surface adverse. Il a marqué quatre buts en amenant le ballon là où ça fait mal huit fois en quatre-vingt-dix minutes.
Cologne a tout fait sauf marquer
De l'autre côté se trouve l'équipe qui mérite vraiment cet article.
Cologne a produit 2,86 buts attendus. Il a tiré dix-sept fois. Il a créé deux grosses occasions. Et il a fini le match avec zéro but de son fait : la seule réalisation à son crédit au tableau est un but contre son camp adverse à neuf minutes de la fin.
Qui a vu le match a vu exactement cela : une première période à l'avantage de Stuttgart, une seconde où Cologne a poussé pour égaliser, a eu les occasions de le faire, et s'est fait punir 2-0 sur la première contre-attaque adverse de la reprise.
Le PPDA le raconte bien : Stuttgart 12,4, Cologne 24,4. Cologne a laissé Stuttgart faire près de vingt-cinq passes avant d'aller le déranger. Il a beaucoup attaqué et très peu pressé, et en Bundesliga cette combinaison se paie.
En deux journées, Cologne a produit 5,17 buts attendus — plus que Stuttgart, plus que le Borussia Dortmund, plus que le Leverkusen — et compte trois points. Ce n'est pas une équipe qui ne joue pas. C'est une équipe qui, jusqu'ici, laisse entrer tout le monde derrière : vingt entrées dans sa surface concédées en deux matchs.
Et Stuttgart, sept jours après la déroute
Il vaut la peine d'aligner aussi les deux matchs de Stuttgart, car le contraste est net.
À Munich, défaite 5-1 en produisant 1,25 but attendu et en en concédant 4,08. Hier, 3,52 produits. Ce sont deux équipes différentes en sept jours, et la seconde ressemble bien davantage à ce qu'on attend de cet effectif.
Le compte des deux journées reste toutefois précaire : cinq buts marqués pour 4,77 attendus, six encaissés pour 6,94 concédés. Stuttgart concède énormément, et jusqu'ici s'en est sorti en marquant beaucoup.
Le point honnête
Quatre buts à partir de 0,51 ne sont pas une méthode. C'est une soirée, et il faut le dire tel quel, même quand cela nous arrange. Si Stuttgart continue de concéder dix-sept tirs par match, viendra le dimanche où ces tirs rentreront.
Cologne n'est pas l'équipe de ses trois points. Il crée comme une équipe du haut de tableau. S'il règle la phase défensive — et « régler » signifie ici une seule chose, cesser de laisser l'adversaire entrer vingt fois dans la surface en deux matchs — les points viendront.
Et deux journées sont deux journées. Cela vaut pour tout le monde, ici aussi : le 5-1 de Munich et le 4-1 d'hier sont le même Stuttgart, et la vérité est probablement au milieu.
Vérifiez vous-même. Dans le Meritometro vous trouverez le verdict de chaque match de Bundesliga fondé sur les occasions et non sur le résultat, et dans la Nerd Zone vous pouvez revoir Stuttgart-Cologne tir par tir, avec la valeur de chaque frappe.