Inter-Naples 3-2 : le pressing de l'Inter est passé de 12 à 6,9 en trois journées. Puis à la 88e est arrivé un ballon à 0,93
Foto: Prelvini · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Analyse

Inter-Naples 3-2 : le pressing de l'Inter est passé de 12 à 6,9 en trois journées. Puis à la 88e est arrivé un ballon à 0,93

Lors d'une journée où la moitié de l'Europe a marqué à partir de rien, l'Inter a fait la chose la plus rare : gagner en transformant les occasions qu'elle avait vraiment construites. Ses trois buts valent 1,82, et ce sont les trois frappes les plus lourdes de sa soirée. Mais à la 88e, à 2-2, Anguissa s'est retrouvé devant le but avec un ballon valant 0,93 but attendu. Il l'a manqué.

Le verdict, avant les chiffres

À San Siro, l'Inter a battu Naples 3-2 en remontant le score, avec un but de Lautaro Martínez à la 91e. Neuf points sur neuf, première place.

Ce fut le plus beau match de la journée et aussi l'un des rares, ce week-end, où le tableau d'affichage et le terrain ont dit la même chose. Avec une exception énorme, qui arrive à la 88e.

Inter-Naples 3-2 : la comparaison statistique complète avec buts attendus, grosses occasions, tirs, tirs cadrés, entrées dans la surface et pressing

Le pressing est l'histoire du match

Commençons par là, car c'est le chiffre qui explique tout le reste.

Le PPDA mesure combien de passes on laisse faire à l'adversaire avant d'aller le déranger. Plus il est bas, plus on presse. Hier soir :

Inter 6,9. Naples 20,4.

L'Inter est allée chercher Naples après sept passes. Naples en a concédé vingt. Dans un match entre les deux premiers du classement, c'est un écart de deux divisions différentes.

Et ce n'est pas une soirée isolée. C'est une trajectoire.

Le pressing journée par journée : PPDA de l'Inter et de Naples lors des trois premières journées

L'Inter de Chivu a pressé plus fort à chaque journée : 12,0 contre Monza, 9,8 à Cagliari, 6,9 contre Naples. La valeur d'hier est parmi les plus agressives mesurées en Europe lors de cette journée.

Naples a fait le chemin inverse : 9,6 à Gênes, puis 21,0 contre Côme et 20,4 hier soir. Depuis trois semaines, elle attend.

Le résultat territorial suit : quinze entrées dans la surface contre huit, et vingt-neuf tirs contre quinze.

Et puis l'Inter a fait une chose très rare

Voici le chiffre qui rend ce match différent de tous les autres dont nous avons parlé ces derniers jours.

Ce week-end, nous avons raconté Newcastle revenant avec deux buts valant 0,08, Stuttgart en marquant quatre à partir de 0,51, la Roma gagnant avec deux valant 0,14. Une journée entière de buts sortis de nulle part.

L'Inter, non. L'Inter a marqué ses plus grosses occasions.

Lautaro, à la 55e, sur récupération et passe en retrait de Dimarco : 0,79 but attendu. La plus grosse occasion de sa soirée. Thuram, à la 81e, de la tête sur un centre de Carlos Augusto : 0,31. Lautaro, à la 91e, sur un corner mal dégagé, après la déviation d'Akanji : 0,73.

Somme des trois buts : 1,82. Ce sont les trois frappes les plus lourdes que l'Inter a produites en quatre-vingt-dix minutes, et les trois sont rentrées.

Ce n'est pas de la chance, c'est la chose la plus difficile qui soit : construire de vraies occasions puis les mettre au fond. Lors d'une journée de buts impossibles, l'Inter a gagné de la manière la plus ennuyeuse et la plus solide qui existe.

Le compte général : 3,78 buts attendus contre 2,32, points attendus 2,29 contre 0,55.

Mais à la 88e il y avait un ballon à 0,93

Et ici il faut être honnête jusqu'au bout, car le match a failli se terminer autrement.

À 2-2, à la 88e, Franck Zambo Anguissa s'est retrouvé devant le but avec une occasion valant 0,926 but attendu. Quatre-vingt-treize sur cent. C'est la plus grosse occasion manquée de toute la Serie A lors de cette journée, et l'une des plus grosses de la saison.

Il l'a envoyée à côté.

Une minute plus tôt, Neres en avait manqué une à 0,37. Trois minutes plus tard, Lautaro gagnait le match.

Donc : oui, l'Inter a mérité. Mais entre le 3-2 et le 2-3 il y a eu un ballon sur lequel le modèle donnait Naples favori neuf fois sur dix. Qui lit les points attendus comme une sentence se trompe de métier : ils disent qui a mieux joué, pas ce qui serait arrivé si ce ballon était rentré.

Naples n'est pas l'équipe de ses trois points

Cela mérite un paragraphe sérieux, car la lecture facile (« le Naples d'Allegri ne joue pas ») est fausse et les chiffres la démentent.

Trois journées : trois points pour 3,84 points attendus. Un écart de -0,84, c'est-à-dire que Naples récolte un peu moins que ce qu'elle vaut, pas beaucoup moins.

Et surtout : trente-neuf entrées dans la surface en trois matchs. C'est le deuxième total de Serie A, derrière les quarante-huit de la Roma. Ce Naples arrive bel et bien dans la surface adverse.

Le problème est de l'autre côté : trente-deux entrées concédées et cinq buts encaissés en trois journées. Allegri n'a pas contourné la question après le match : « nous payons trop d'erreurs, nous avons encaissé cinq buts en deux matchs ».

Hier soir, Naples a produit 2,32 buts attendus à San Siro contre l'équipe qui presse le plus fort du championnat. Ce n'est pas le chiffre d'une équipe en crise. C'est le chiffre d'une équipe qui perd 3-2 des matchs comme celui-là.

Le point honnête

L'Inter a gagné de la bonne manière, et cela mérite d'être dit fort. Lors d'une journée où les buts sont venus de positions impossibles presque partout, l'Inter a converti ses trois meilleures occasions. C'est la seule façon de gagner qui se répète.

Le pressing à 6,9 mérite l'attention, dans les deux sens. C'est le moteur de cette Inter, mais c'est aussi une charge athlétique qui tient en septembre et se jugera en décembre. Le compte rendu d'Inter.it signale que l'intensité avait baissé après la pause fraîcheur de la 25e : ce sont les remplaçants qui ont relancé ce match, pas les titulaires.

Et il faudra revoir Naples dans un mois. Avec ces entrées dans la surface et cette production offensive, trois points en trois journées, c'est moins que ce qu'elle a montré. Si elle règle la phase défensive, elle remonte toute seule.


Vérifiez vous-même. Dans le Meritometro vous trouverez le verdict de chaque match de cette journée fondé sur les occasions et non sur le résultat, et dans la Nerd Zone vous pouvez revoir Inter-Naples tir par tir, avec la valeur de chaque frappe.